Leçon n°1: Histoire de la laïcité à l'école
Rappel : Qu'est ce que la laïcité?📌
-La neutralité d'un État en matière de religion: un État laïc n'impose aucune religion officielle dans l'espace public. La religion doit être pratiquée dans la sphère privée.
-Une valeur républicaine inscrite dans la loi française depuis 1905.
La charte de la laïcité à l'école, publiée en 2013 par le ministre de l'Éducation nationale Vincent Peillon.
Illustration représentant le principe d'égalité entre toutes les religions.
Qu'est ce que cela implique ?
-La liberté de culte pour tous : chacun a le droit de choisir sa propre religion ou de ne croire en aucune religion
-Le respect de toutes les religions : enfreindre ce principe est puni par la loi
-L'interdiction de faire du prosélytisme, de chercher à convaincre quelqu'un d'adopter sa religion
Et à l'école?
-La neutralité des enseignants, des locaux et des programmes
-L'interdiction pour les élèves de porter des signes ostensibles religieux : une croix autour du cou par exemple.
-Le devoir pour les élèves de respecter les croyances de leurs camarades.
I)Au Moyen Âge : l'école sous l'influence de l'Église
Au Moyen Âge, la religion chrétienne domine les royaumes d'Europe occidentale. La grande obsession des chrétiens est d'assurer leur salut, c'est à dire de gagner une place au paradis. Toute la vie des populations tourne donc autour de la Bible.
En 789, Charlemagne, roi des Francs, met en place une loi pour créer des écoles. Elles sont réservées avant tout aux futurs membres du clergé. Les filles en sont naturellement exclues.
Il n'existe pas d'instituteurs au Moyen Âge. Ce sont des religieux qui font la classe.
Les cours sont donnés dans des monastères, dans des cathédrales, et parfois au domicile du maître. Charlemagne par exemple a suivi ses études au monastère de l'Abbaye de Saint-Denis.
On apprend principalement à lire et écrire le latin, à chanter des prières, etc.
Le but de cette éducation est de mieux connaître Dieu.
II)Le XIXe siècle : une grande période de débats autour de la laïcité
La tolérance religieuse est l'un des grands principes défendus par les penseurs des Lumières, comme Jean-Jacques Rousseau par exemple.
Ils considèrent que les hommes ne doivent pas rester dans l'ignorance à cause de leur religion. Ils veulent faire passer la raison avant tout.
En 1792, Condorcet publie un projet innovant, dans lequel il dit que l'instruction morale ne doit pas être influencée par la religion.
Mais la société française est encore profondément catholique. Elle n'est pas prête à un changement aussi rapide. Les théories des Lumières n'aboutissent pas.
Mais la société française est encore profondément catholique. Elle n'est pas prête à un changement aussi rapide. Les théories des Lumières n'aboutissent pas.
En 1848, les Républicains mènent une révolution visant à renverser le roi de France Louis Philippe d'Orléans. Le débat sur la laïcité est relancé. Le ministre de l'Instruction publique Hippolyte Carnot propose de rendre facultatifs les cours d'instruction religieuse à l'école.
Mais les conservateurs qui veulent maintenir la monarchie décident de se servir de l'Église pour rétablir l'ordre. Une fois de plus, le projet de créer une école laïque est un échec.
En 1866, la France crée la Ligue de l'enseignement. Elle s'inspire d'autres pays d'Europe comme la Belgique, l'Italie et la Grande-Bretagne. Cette association défend un enseignement neutre du point de vue de la religion.
Les lois Ferry de 1881 et 1882 instaurent l'école primaire laïque, gratuite et obligatoire pour tous de 6 à 13 ans. L'instruction morale et civique remplace donc l'instruction religieuse.
Une concession est faite aux catholiques: les écoliers ont un jour chômé, le jeudi, pour recevoir un enseignement religieux en dehors du cadre scolaire.
Émile Combes : instigateur de la loi de 1904.
Caricature d’Achille Lemot dans un journal catholique représentant Émile Combes en 1902, nouveau président du Conseil et ancien séminariste devenu très anticlérical, en ogre dévorant les écoliers devant une église.
III) La loi de 1904 : la fin d'un long processus
En 1904, Émile Combes qui est Président du Conseil des ministres (équivalent du Premier Ministre), crée une loi qui retire aux religieux et aux religieuses le droit d'enseigner, dans les écoles publiques et privées. Cette loi fait polémique dans les milieux catholiques, qui manifestent leur mécontentement dans les journaux, au travers de caricatures notamment.
La loi Combes est supprimée par la loi du 3 septembre 1940 du Régime de Vichy, qui autorise à nouveau les congrégations enseignantes et rétablit l'instruction religieuse dans les écoles laïques. Le maréchal Pétain avait un projet de « Révolution nationale » et l'Église est un de ses principaux alliés pour redresser la jeunesse sur le plan moral.
À la Libération, le Gouvernement provisoire de la République française restaure les lois républicaines. La laïcité à l'école est donc réaffirmée avec force.
L'Alsace-Moselle représente un cas particulier. Cette région était allemande depuis 1871. Elle n'était donc déjà plus française quand la loi de 1904 a été votée. En 1918, elle est réintégrée à la France. En 1924, Édouard Herriot, qui est le Prédisent du Conseil et le chef du Cartel des gauches veut y faire appliquer le principe de laïcité. C'est un échec car la population locale reste très attachée à la religion. Aujourd'hui, l'enseignement religieux en Alsace et en Moselle est toujours d'actualité. Un cours d'instruction religieuse est prévu dans les écoles publiques, de classe de CP à la Terminale.
Bibliographie
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BERNARD Régis, Éducation, fête et culture, Lyon, Presses universitaires de Lyon, 1981, 186p.
ROGER Martin, Les Instituteurs de l'entre-deux-guerres, Lyon, Presses universitaires de Lyon, 1982, 448 p.
SUIRE Éric, Pouvoir et religion en Europe XVIe-XVIIIe siècle, Paris, Armand Colin, 2013, 304p.
Sitographie
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MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION NATIONALE, « La laïcité à l’école », Site officiel du Gouvernement [en ligne], mis en ligne le 02/12/2025, consulté le 16/03/2026, URL : Ministère de l'Education nationale.
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« Loi du 7 juillet 1904 relative à la suppression de l'enseignement congréganiste », Wikipédia l'encyclopédie libre [en ligne], mis en ligne le 11/09/2020, modifié le 24/02/2026, URL : Loi du 7 juillet 1904 relative à la suppression de l'enseignement congréganiste — Wikipédia.
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